« Paradis Modeste »

est un spectacle de marionnettes, d’objet animés et d’images autour du thème de l’au-delà.

Deux personnages issus du burlesque préparent un numéro comique. Un accident se produit à l’issue duquel l’un des duettistes meurt.
L’autre, resté seul, décide de partir à sa recherche. Il est ainsi entraîné au coeur des multiples représentations de l’au-delà que l’homme, à travers religions, légendes ou mythologies, a imaginées. De cette plongée dans les imaginaires provenant des cinq continents, issus parfois des temps les plus anciens de l’humanité, il reviendra seul, en apparence. En apparence car pour celui qui visite l’immensité de ces mondes, ce qu’il en rapporte est comme ces mondes eux-mêmes : invisible.

Dramaturgie

C’est par la voix de celui qui reste que s’ouvre, dans le spectacle, l’évocation de la mort et de ce qui s’ensuit. Entre incompréhension et culpabilité, son refus d’accepter l’irrémédiable de la situation le pousse à vouloir savoir où est son ami.
Par un artifice théâtral, il accède à un monde de représentations des diverses visions que l’humanité a imaginées de notre devenir après la mort ; Dans cet univers dans lequel il essaie de se frayer un chemin, il croit toujours apercevoir son ami perdu, sans jamais parvenir à le rejoindre. C’est à travers le parcours des deux personnages que le spectacle se développe dramaturgiquement.
L’ami disparu entre dans les au-delà des différentes traditions et il vit toutes les étapes de ces voyages. Ces voyages sont visuels : Il s’enfonce dans les profondeurs de la terre, il traverse des ponts, il est emporté sur une barque, il s’envole avec les anges, il est aspiré dans des tunnels. À mesure qu’il entre dans ces différentes visions, il traverse toutes les expériences de la rupture et de la transformation que sont la séparation du corps et de l’âme, la résurrection ou encore la ré-incarnation.
Son ami, lancé à sa recherche, traverse lui aussi ces univers symboliques. Mais, outre qu’il est bien vivant, son obstination et l’incrédulité naïve dont il fait preuve tout au long de sa quête donne à son parcours une tonalité beaucoup plus burlesque. Cette tonalité nous est très utile, notamment quand il s’agit d’évoquer les voyages les plus cauchemardesques et tout particulièrement, parmi ceux-ci, les enfers.
Le point de fuite de cette construction dramaturgique est la question de savoir si les deux amis vont se retrouver et où.

Mise en scène

S’agissant de représenter des espaces auxquels, précisément, nous n’avons pas accès avec nos cinq sens, c’est un travail visuel et sonore de mise en doute de nos perceptions qui fonde notre travail de mise en scène à travers l’image, la marionnette et l’objet animé.
Tout d’abord, la mise en scène s’appuie sur une technique utilisée avec succès par la compagnie sur ses deux précédents spectacles : la manipulation de marionnettes et d’objets animés en théâtre noir. Nous avons notamment développé une technique permettant de présenter des personnages hybrides entre comédiens et marionnettes : la tête et les mains du manipulateur se raccordent à un corps de marionnette. Nous obtenons ainsi des personnages d’un mètre environ et pourtant étrangement proportionnés, dont les possibilités de transformations sont nombreuses. Cette hybridation nous avait permis, dans la Légende du Hollandais Volant d’explorer, symboliquement, ce que c’est qu’avoir un corps. Avec ce nouveau spectacle, nous tentons d’aller un peu plus loin et d’évoquer, au delà de la barrière de la mort, ce que pourrait être ne plus avoir de corps.
A cette technique utilisée depuis plusieurs spectacles, nous ajoutons pour celui-ci la projection d’images vidéo. À l’origine de cet intérêt pour les images, plusieurs réflexions. D’abord, l’au-delà, s’il est un monde, est un monde dont la matérialité est douteuse. L’image, et notamment l’image abstraite, est une piste que nous avons voulu développer au moment de donner forme à ce qui est, par essence, indescriptible.
Ensuite, utilisée comme décor, l’image peut transcrire des atmosphères dans lesquelles faire évoluer nos deux personnages. La fournaise ou l’élévation sont deux exemples de cette utilisation de l’image.
Enfin, l’au-delà est souvent décrit comme un espace dans lequel les lois physiques qui prévalent sur cette terre n’ont plus cours. La gravité par exemple ou les échelles entre grand et petit, sont des exemples que le trucage par l’image peut nous aider à traiter. Notons également, au chapitre du trucage, la possibilité d’établir toutes les confusions possibles entre un objet ou une personne réellement dans l’espace et son image projetée.
À ces grandes lignes de l’utilisation de l’image, on peut ajouter tout le travail d’interactions possibles entre un personnage réel et une projection.

Un spectacle sur l’au-delà pour les enfants à partir de huit ans.

Comment se termine le spectacle ? Au terme de sa quête à travers les représentations de l’au-delà de l’humanité entière, sans distinction d’époque ou d’origine, notre personnage burlesque retrouve-t-il son ami perdu ? Il revient seul de son voyage, et pourtant, il le retrouve. C’est que sa traversée de ces visions que les peuples du monde entier ont inventées, colportées à travers les âges, dans lesquelles ils se sont reconnus, lui montre le chemin par lequel son ami est toujours bien vivant dans l’au-delà qu’il invente pour lui. Car ce spectacle, conscient et respectueux du caractère parfois sacré des représentations qu’il emprunte aux peuples du monde entier est, à nos yeux, une exploration de l’imaginaire de ces peuples et c’est à l’imaginaire qu’il tend à rendre hommage.
Aux enfants spectateurs de cette histoire il propose le chemin par lequel le devenir après la mort ne doit plus être un sujet mystérieux, lourd de tabous et de mots chuchotés entre adultes ,mais un espace à investir par l’imaginaire le plus proche de ce qu’ils ressentent : le leur.

Contact : Michèle MAXIMIN - Association Vitamine - Théatre Ovipare - Route de Bel Air - 81500 LAVAUR
contact@theatre-ovipare.com


Réalisation R. ROBIN